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Accueil Journal de bord TUAMOTUS - Juillet & Aout - Au royaume du raimiti

Au royaume du raimiti

Le raimiti, comme nous l’explique Eric le propriétaire de la pension du même nom située dans un petit paradis au fin fond de l’atoll de Fakarava (www.raimiti.com), c’est cet état de grâce, le plus souvent au tout petit jour ou au coucher du soleil, où, par temps très calme et lagon d’huile, la mer et le ciel se confondent au point que l’on ne peut plus déceler l’horizon.


Où finit le lagon et où commence le ciel? Notre bateau flotte-t-il toujours ou se mettrait-il à voler? C’est cette vision totalement magique que nous avons eu en arrivant dans l’archipel des Tuamotus, à l’atoll de Tahanea, après 3 jours de navigation en provenance des Marquises.

Un raimiti aux couleurs pastels comme cadeau de bienvenue pour un Suricat qui nous ramène « chez nous », dans ces Tuamotus si proches et à la fois si loin de Tahiti où nous nous offrions quelques jours d’évasion chaque année et où notre rêve d’avoir un bateau devenait de plus en plus pressant.

Pouvoir vivre ces atolls, qui ne sont que lagons, depuis la mer, y rester le temps que nous voudrions, enfiler nos masques ou nos combinaisons de plongée aussi souvent que nous le désirerions…. Revenir aux « Tuams » avec notre bateau fut la meilleure des motivations pour traverser le Pacifique et voilà, nous y sommes…


L’émotion qui nous a envahis était intense lorsque, seuls ou presque (car nous avions nos fidèles amis de Lumbaz pour partager ce bonheur avec nous), nous avons posé l’ancre dans le sud de Tahanea, au bout du bout du bout du monde. Si Suricat avait eu des oreilles (car il a une âme, qui en doute encore?), nous l’aurions remercié à haute voix de nous avoir portés jusqu’ici. Alors, à défaut, nous nous sommes remerciés nous-mêmes de notre choix de vie, des décisions qui nous ont fait amerrir sur la planète Tuamotus.


Le seul bateau à l’horizon dans ce mouillage hors du temps et du monde vient ajouter une pierre à l’incongruité de la vie de bateau. Retour dans les années yéyé avec Antoine, sur son fameux cata jaune Banana Split, qui ne s’est toujours pas coupé les cheveux… Son bouquin « Mettre les voiles » fait partie de notre maigre bibliothèque de bord et pour ma part, un peu réfractaire aux propos machistes qu’il contient, je me contente de lui emprunter sa recette de pain banane. Les femmes à la cuisine, c’est encore là qu’elles sont le mieux parait-il…

 

Nous avions opté pour l’atoll de Tahanea, encore vierge de toute vie humaine et dont les deux passes situées au nord permettent au lagon de se vider facilement en cas de forte houle, ce qui rend les passes moins sujettes aux forts courants et beaucoup plus praticables par toutes conditions.

Les atolls des Tuamotus sont autant de petits paradis terrestres mais il peut être difficile voire dangereux d’y pénétrer selon les heures et les conditions météo. Tahanea nous offrait un abri fiable pour notre arrivée sujette aux imprévus, comme toute arrivée de traversée de plusieurs jours.

 

Dans les légendes tahitiennes, les passes (« rava ») sont divinisées, car ce sont elles qui permettent de pénétrer dans les lagons protecteurs des atolls et donnent un accès aux bateaux de ravitaillement pour les populations autochtones, elles qui offrent l eau fraiche et riche du large aux lagons qui se remplissent (marée haute) et se vident (marée basse) deux fois par jour, abritent une faune riche et variée régalant l’ensemble de la chaîne alimentaire marine au grand bonheur des plongeurs du monde entier et des pêcheurs. En un mot, les passes font vivre les îles de Polynésie, basses et hautes, vieilles et jeunes, Tuamotus ou Iles de la Société.


Pour les